lundi 29 décembre 2008
histoire du Livre racontée aux enfants atteints de septicémie
En vérité je vous le dis, au début des Temps était le livre du rire, des aphorismes, des sophismes et des blagues de culs.
Puis des hommes décidèrent que ce livre était sacré.
Ils parcoururent le monde en le brandissant vers le ciel, en assenèrent des coups violents sur ceux qui doutaient et brulèrent ceux qui riaient.
Les enfants furent élevés dans la peur du Livre, les adultes obligés de se réunir pour le psalmodier pendant des heures et les vieillards chargés de mourir en l’emportant de mémoire dans l’au-delà.
Cela aurait pu durer ainsi très longtemps, mais le Livre commençait à s’effacer et les textes à de-venir illisibles.
Les gardiens du Livre se réunirent pour tenter de rédiger les lignes disparues. Cela fut très difficile, car chaque mot manquant devenait l’objet d’âpres discussions, d’assassinats ou de guerres pour défendre telles interprétations ou telles traductions. Ces luttes rendirent la compréhension du texte de plus en plus obscure voir impossible. Après s’être étripés à coup d’arguments et de massacres, les gardiens se séparèrent très fâchés, chacun emmenant un morceau du Livre. Il y eut ceux qui retirèrent du Livre les blagues de culs, ceux qui abominèrent les aphorismes et ceux qui ne gardèrent que les points-virgules. Une secte même (très minoritaire) ne conserva que les pages vides. Cela aurait pu en rester là, chacun campant dans son coin sur ses positions et ignorant avec mépris les autres, si un gardien plus rusé ne déclara un soir de Noël avoir trouvé par le plus grand des hasards la réplique authentique du Livre.
Ainsi commence notre histoire, celle de vous et de moi malaxés dans le maelström de la Folie inoculée par un simple livre de blagues.
Commentaires
Beaucoup de bruit pour rien
Il est des blagues qui coûtent chères et trainent comme autant de boîtes de conserves attachées à la queue d’un chien, l’évangile selon Saint-Cul est devenu celui de Luc et l’impuissant Saint-Paul s’est contenté de faire de sa bite une épître, à défaut d’autre chose. 2000 ans de calvaires ont été gracieusement honorés... en nature, processions à genoux pour être à bonne hauteur, les cathédrales se sont dressées droites comme des pieux et se sont révélées comme autant de substantifs aux peine à jouir, mais rien y a fait, le livre n’a pas éjaculé droit, le monde s’est retrouvé lubrifié d’éclaboussures de tristesse et de désolation, enguirlandé dans un sapin puant l’épine d’une couronne portée de travers elle aussi. Tout est bancal en fait. Comment donc ? On se souhaite une “bonne” année, oui comme on aimerait qu’elle soit “bonne”, chaleureusement bonne en chaleur.
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