jeudi 2 juillet 2009
tu m'aimes ?

Fuir et revenir dans l'image, la cellule dans laquelle se joue un drame ; le théâtre de l'animal savant dressé à courir.
samedi 13 juin 2009
Toute la vie, j'attendrai ton retour

En t'attendant, je m'offre à tous les voyageurs. Chacun d'eux me parle de toi.
samedi 16 mai 2009
Dans tes yeux en décomposition, je lis notre histoire.

je lis dans tes yeux en décomposition la fin de notre histoire. Je pisse dans tes orbites mon indifférence pour en noyer à jamais tes souvenirs. Quand tu bruleras en silence dans ta nuit d'aveugle, je te pousserai sous un train. Celui que nous aurions dû prendre ensemble.
mercredi 15 avril 2009
sans fuir

dimanche 12 avril 2009
insurgéEs

vendredi 20 mars 2009
Crevez les yeux
Quand j’étais enfant, je crevais les yeux des mouches. Leurs vols libres et insouciants m’affectaient terriblement, ils me renvoyaient sans cesse à mon enfermement ; celui que j’avais construit sur les certitudes du savoir des livres. En heurtant les murs, j’espérais que mes mouches aveugles découvrent les prémisses de la conscience. J’aurais ainsi pu partager mes doutes et mon désarroi. Tant de questions me harcelaient. Les mouches ne furent pas très coopératives, à la moindre occasion, inconscientes de la vie et de la mort, elles s’échappaient par la fenêtre.
Mes animaux proches, par l’affection qu’ils me témoignaient, se portèrent spontanément volontaires pour être aveuglés. Percer les yeux du poisson rouge ne posa aucune difficulté, il était déjà habitué à tourner en rond dans son bocal et cela ne changea en rien son habitude. Le chat ne sortait que la nuit et me dit-il n’avait nullement besoin de ses yeux, sa lucidité sur les Êtres lui suffisait à trouver son chemin. Le chien accepta avec résignation, son manque de confiance en lui-même l’avait déjà rendu quasiment aveugle. Je ne sais de quelle déficience il avait la culpabilité mais il espérait de mon acte irrémédiable la rédemption de son état. Mon forfait salvateur accompli, mes compagnons ne furent affectés d’aucun regret, ni de cette mélancolie que la perte de la vision insinue parmi les hallucinés.
J’ai commencé à m’égarer dans mes révélations lorsque j’ai désiré en étendre à mes parents les bienfaits. Il me fallut l’aide d’un somnifère puissant, administré dans la liesse d’une bonne résolution, pour réussir à emporter leurs convictions et leurs yeux. Ils
n’eurent aucun besoin de se réveiller, je leurs avais offert la nuit éternelle dans laquelle ils pouvaient se fondre et se multiplier à l’infini. Je les enviais de pouvoir accoster l’inaccessible et de me laisser écartelé entre le désir de les rejoindre et la nécessité de continuer.
Sans doute, dois-je apparaitre comme un prosélyte malsain que de recommander à chacun de répandre le bien autour de lui et de joindre le
geste et la bonté dans la pratique de crever les yeux à son entourage. Mais, je peux vous assurer que tout ce qui est inscrit ne résiste pas à la disparition de la vision et que tout ce que vous saviez se dilue dans l’obscurité pour laisser place aux rêves ou aux cauchemars.
jeudi 19 mars 2009
LE RÊVE D'ICARE

mercredi 25 février 2009
AUTOPSIE_1

AUTOPSIE_2

AUTOPSIE_3

mardi 17 février 2009
La chute
Je me penche par la fenêtre et je tombe. Douze étages, c'est
rien, cela me laisse le temps d'apprendre à voler. J’attrape quelques pigeons affolés pour m’accompagner. Quand je serai mort, ils emporteront mon âme et la disperseront en particules de fientes blanches.
Dans la chute, les rencontres sont rares et les personnes croisées sont trop absorbées à rédiger leur testament pour prendre le temps de
vous saluer. La vielle du 15éme me bouscule et passe toute recroquevillée sur ses souvenirs. J’aurai voulu lui hurler que la vie va recommencer mais ma bouche soudée d’extase refuse les mots. Un petit signe de ma main accompagne mamie dans sa descente vers le point fixe où se réunissent les ombres. La fille mère du 8 ème a jeté son nourrisson à l’unisson de nos chutes. Je lui en suis gré, j’aime la compagnie des enfants lorsqu’ils n’ont rien à attendre de notre pitié. Ses yeux noirs n’ont pas de nom et ont déserté les certitudes. Sa
tristesse est une épidémie qui me gâche mon plaisir, d’un coup de pied, je l’écarte. Ses rebonds maladroits sur les jardinières de balcon me rappellent un chien qui, happé par un train, n’en finissait pas de m’injurier par des jappements plaintifs. Je suis distrait et, lorsqu’elle me saisit la main, je trouve à mes cotés la gamine du 10éme. « J’ai sauté dans le ciel » me dit-elle. C’est gênant, que vont dire les parents lorsqu’ils nous trouverons écrasés et ne sachant démêler des deux corps le vrai du faux. Je respecte trop la vérité pour me prêter à cette confusion des genres. Pour l’empêcher de me suivre, je lui crache des options morales et des insanités qui la dépouillent
de ses désirs. Affolée, égarée dans les doutes, l’image du ciel se déchire dans sa poitrine. La douleur des mots dévoilés dissèque sa résolution en un bloc de pierre friable, prêt à éclater et se détruire pour ne plus jamais rêver.
Enfin seul, j’attends que le temps et l’espace se plient pour offrir à mon corps la dalle de béton.
samedi 14 février 2009
A la mémoire de Valentin(e)

dimanche 8 février 2009
Fiancés de la mort

samedi 17 janvier 2009
GAZA - Le massacre des innocents

lundi 29 décembre 2008
la vie continue, vous en reprendrez bien une tranche !

Avant de lui enfoncer dans l’anus sa matraque et d’appuyer de tout son poids pour lui crever l’intestin, le sergent Johns incisa au cutteur
sur le torse de M’Ahmed « bonne année »
Jean écrivit sur un morceau de papier « bande d’enculés » puis il plaça son arme de service contre sa tempe et appuya sur la détente au moment précis ou les voisins gueulaient par la fenêtre « bonne année »
David largua son chapelet de bombes au phosphore sur les immeubles d’habitations indiqués sur son écran de contrôle, il pouvait
maintenant prononcer les mots de code «Rosh Hashana" pour annoncer la réussite de sa mission.
« Bonne année » murmura Louise. Ce matin, un camion avait croisé sa route. Désincarcérée de la tôle et amputée des deux jambes, une infirmière lui installait une perfusion.
Pierrot (16 ans) avant de rentrer dans le lit de sa sœur (11ans) et de se blottir nu contre-elle, ouvrit en grand les boutons de la gazinière. Lorsque les parents rentreront du réveillon du nouvel an, ils auront une sacrée surprise.
histoire du Livre racontée aux enfants atteints de septicémie
En vérité je vous le dis, au début des Temps était le livre du rire, des aphorismes, des sophismes et des blagues de culs.
Puis des hommes décidèrent que ce livre était sacré.
Ils parcoururent le monde en le brandissant vers le ciel, en assenèrent des coups violents sur ceux qui doutaient et brulèrent ceux qui riaient.
Les enfants furent élevés dans la peur du Livre, les adultes obligés de se réunir pour le psalmodier pendant des heures et les vieillards chargés de mourir en l’emportant de mémoire dans l’au-delà.
Cela aurait pu durer ainsi très longtemps, mais le Livre commençait à s’effacer et les textes à de-venir illisibles.
Les gardiens du Livre se réunirent pour tenter de rédiger les lignes disparues. Cela fut très difficile, car chaque mot manquant devenait l’objet d’âpres discussions, d’assassinats ou de guerres pour défendre telles interprétations ou telles traductions. Ces luttes rendirent la compréhension du texte de plus en plus obscure voir impossible. Après s’être étripés à coup d’arguments et de massacres, les gardiens se séparèrent très fâchés, chacun emmenant un morceau du Livre. Il y eut ceux qui retirèrent du Livre les blagues de culs, ceux qui abominèrent les aphorismes et ceux qui ne gardèrent que les points-virgules. Une secte même (très minoritaire) ne conserva que les pages vides. Cela aurait pu en rester là, chacun campant dans son coin sur ses positions et ignorant avec mépris les autres, si un gardien plus rusé ne déclara un soir de Noël avoir trouvé par le plus grand des hasards la réplique authentique du Livre.
Ainsi commence notre histoire, celle de vous et de moi malaxés dans le maelström de la Folie inoculée par un simple livre de blagues.




